Anecdotes
Anecdotes 5è arrondissement


05/0016 La plus petite église de Paris...

...est aussi la plus vieille. L'Eglise St Julien le Pauvre. Située dans le square Viviani, où l'on trouve également le plus vieil arbre de Paris (décidément !), un robinier planté en 1601, donc sous Henri IV. Elle faisait partie des six basiliques mérovingiennes mentionnées par Grégoire de Tours en 582, et c'était alors un hospice pour pélerins. Elle fut reconstruite par les bénédictins à partir de 1160. Elle a vu passer sous ses voûtes François Villon, Rabelais, Abélard, Dante, et St Thomas d'Aquin, qui y prêcha. Devenue entrepôt sous la Révolution, elle fut rendue au culte en 1826. Depuis 1889, elle est affectée au rite grec catholique. Probable qu'elle soit fréquentée par les nombreux restaurateurs grecs du quartier...
A propos, l'eau de son puits, daté du 6è siècle, est réputée miraculeuse. Avis aux amateurs...

05/0017 Un bien curieux marché

Sur la place Maubert, il y avait un marché...aux mégots ! Les clochards ramassaient à l'aide d'un crochet les mégots. Le reliquat de tabac, trié et séché, était porté au marché, où des industriels le rachetaient pour en faire des cigarettes vendues comme "cigarettes à la main".

05/0018 Laissons les morts tranquilles !

Au Panthéon, sont traditionnellement inhumés les Grands Hommes. Sauf que certains auraient sans doute souhaité ne pas s'y retrouver, du moins pas en si mauvaise compagnie. Par exemple, Voltaire et Rousseau, morts la même année, considérés comme pères de la Révolution, et qui se haïssaient farouchement.
De même, Victor Hugo et Emile Zola, qui ne s'aimaient pas plus, et qui y sont pourtant réunis pour l'éternité.

05/0019 Une charmante place, mais un bien triste souvenir...

La place de l'Estrapade, charmante petite place ombragée, était l'endroit où l'on appliquait, au 17è siècle, le supplice de l'estrapade aux soldats déserteurs. Hissé par une corde au sommet d'une haute potence, le condamné, un poids aux pieds et mains liées derrière le dos, était lâché au sol, autant de fois que nécessaire, jusqu'au décès du malheureux. Le supplice fut supprimé en 1776 par Louis XVI.

05/0020 Une rue qui se souvient de l'immigration

La rue des Irlandais rappelle le souvenir des étudiants catholiques irlandais venus étudier au séminaire fondé en 1769. ils ne pouvaient faire carrière chez eux, en raison des persécutions que les Anglais leur faisaient subir. L'entrée du collège, au n°5, est surmontée d'une harpe celtique, emblème de l'Irlande. Les étudiants irlandais venus étudier en France sont toujours accueillis en ces lieux.

05/0021 Jour de chance !

Face à la Sorbonne, rue des Ecoles, il y a une statue de Montaigne. Touchez son pied droit en disant "Salut Montaigne !", cela porte bonheur! (sans garantie).

05/0022 La tête baladeuse du cardinal

Le cardinal de Richelieu ft reconstruire, à ses frais, la Sorbonne, au début du 17è siècle. Il y sera inhumé. Mais les révolutionnaires ne l'entendaient pas de cette oreille, si j'ose m'exprimer ainsi. En 1793, ils profanèrent son tombeau, constatèrent que le corps était parfaitement conservé, et coupèrent sa tête momifiée. La Terreur passée, un des profanateurs, un dénommé Cheval, remit la relique à un prêtre, l'abbé Armez, qui officiait en Bretagne. Jusqu'en 1866, la tête du cardinal fut conservée chez ce prêtre et sa famille, et l'on décida à cette date d'organiser des funérailles officielles à la relique. En 1895, l'historien du cardinal, Mgr Hannoteaux, fit extraire la tête et la recouvrir de béton. Fin de l'histoire.

05/0023 Des larmes de crocodile

La fontaine Cuvier, au carrefour de la rue Geoffroy St Hilaire et de la rue Linné, est très particulière. Si vous regardez bien, vous y verrez un crocodile et une allégorie de la Science. Mais le sculpteur devait avoir des notions d'anatomie animale très limitées: le reptile tourne la tête dans un mouvement que la nature lui interdit totalement de réaliser. De quoi pleurer...des larmes de crocodile !