Anecdotes
Anecdotes 8è arrondissement

08/0062 Un simple terrain vague

En 1633, avec la création des Fossés Jaunes, l'enceinte de Paris fut reportée plus à l'Ouest. Les esplanades actuelles de l'Orangerie et du Jeu de Paume sont un reste du bastion terminant cette nouvelle fortification en bord de Seine. Ainsi, les Tuileries se trouvaient à l'intérieur des limites de la ville. Au-dlà des Fossés Jaunes, un terrain vague faisait glacis entre Paris et ce qui était encore la campagne. Ce terrain vague, c'était la future place de la Concorde.

08/0063 L'allée des veuves

Le tracé actuel de l'avenue Montaigne correspond à un chemin qui, au 18è siècle, s'appelait "Allée des Soupirs" ou "Allée des Veuves". Celles-ci ne pouvant paraître publiquement dans Paris, elles venaient se promener après dîner sur cette allée moins fréquentée, à l'abri des regards.

08/0064 L'architecte du second Empire

Si Haussmann tenait les commandes, sous les ordres de Napoléon III, l'architecte Hittorff, pratiquement inconnu, fut le maître d'oeuvre d'un grand nombre de grands travaux haussmanniens. Ainsi, Hittorff fut choisi par le préfet Rambuteau (celui qui précéda Haussmann) pour aménager la Concorde et les Champs-Elysées, et ce, dès 1835! Hittorff fut très actif à Paris. Il bâtit des hôtels particuliers, mais surtout des salles de spectacle: la salle Favart, l'Ambigu-Comique...Mais aussi l'église St Vincent de Paul, les bâtiments des Champs-Elysées, le Cirque d'Hiver, et la Gare du Nord. Excusez du peu... Il en profita pour créer du matériel urbain: candélabres, fontaines, restaurants, où il laissait libre cours à son imagination et à son remarquable sens de l'alliance des prouesses techniques et esthétiques, mêlées à la plus belle tradition antique. Plus tard, Napoléon III chargea Hittorff d'aménager la place de l'Etoile; il traça un réseau étoilé de douze larges artères, que nous connaissons encore aujourd'hui. La fin est moins  gaie. Haussmann, qui trouvait qu'Hittorff lui faisait de l'ombre, l'écarta des futurs grands travaux...

08/0065 Les Champs-Elysées au début du 20è siècle

On l'a vu un peu plus haut, les Champs-Elysées de nos arrières grands-parents étaient un lieu de plaisirs qui concurrençait Montmartre. On venait s'y encannailler et assister çà des revues plus ou moins dénudées et grivoises. On venait y écouter Mistinguett, Yvette Guilbert, Mayol, les comiques-troupiers, Dranem, Polin, la Belle Otero... On y découvre des succès intemporels: "La petite Tonkinoise", "Viens Poupoule", "Madame Arthur", et le Lido sera créé en 1946, à une époque où la nécessité de se distraire était encore plus vivace. Les concessionnaires automobiles, attirés par la fréquentation des lieux, s'y précipitèrent: Mercédes-Benz dès 1899, Hotchkiss en 1914, Alfa-Roméo en 1925, etc...Après l'automobile, la mode investit l'avenue: Vuitton, puis la maison de couture Jenny, le parfumeur Guerlain, puis la célèbre couturière Jeanne Lanvin. Les autres vinrent plus tard.

08/0066 Une histoire de flamme

Sous l'Arc de Triomphe de la place Charles de Gaulle, brûle la flamme du soldat inconnu. Celui-ci est enseveli le 28 janvier 1921. La même année, sur proposition du journaliste Gabriel Boissy, il est décidé qu'une flamme brûlera en permanenece devant la tombe. Le 11 novembre 1923, la flamme est allumée en présence des maréchaux Foch, Lyautey et Pershing, par le ministre des armées André Maginot, le "père" de la fameuse ligne. En 1940, les troupes allemandes défilent, mais le 11 novembre de la même année, les étudiants parisiens manifestent place de l'Etoile. Le 26 août 1944, le général de Gaulle rallume la flamme et descend l'avenue parmi la population de Paris libéré.

08/0067 La rue publicitaire

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la publicité n'est pas née il y a trente ans. Imaginez un peu: le Grand Palais et le pont Alexandre III, à l'occasion de l'Exposition de 1925 furent transformés en...rue publicitaire ! Les arts décoratifs français y accueillaient les visiteurs dans de somptueuses boutiques: laques de J. Dunand, meubles de Ruhlmann, verres de Lalique...

08/0068 Les descendants de la Révolution russe...

... se retrouvent dans les murs de la cathédrale Alexandre Newski, au 12 rue Daru. Elle fut consacrée en 1861 au culte néo-byzantin. En dehors du riche décor de l'église, les offices orthodoxes sont magnifiques et plus longs que leurs homologues catholiques. Ils témoignent d'une ferveur réelle, celle de tout un peuple d'immigrés russes, habitant le quartier et perpétuant le culte de leurs ancêtres.

08/0069 L'orfèvre du sacre

La cité Odiot donne dans le 26 rue de Washington. Ce havre de paix, à deux pas des Champs-Elysées, est composé d'immeubles construits en 1847, entourant une grande pelouse arborée. A cet emplacement s'élevait l'hôtel particulier de l'orfèvre Jean-Baptiste Odiot. Celui-ci était le fournisseur attitré de Napoléon 1er, pour qui il avait fabriqué l'épée et le sceptre impériaux.

08/0070 Aux Arméniens de Paris

15 rue Jean Goujon, se trouve l'église Saint Jean-Baptiste. Les pogroms turcs de 1915-1925 firent fuir une importante communauté arménienne vers ce pays de liberté: la France. Etablis principalement dans le 8ème arrondissement (mais aussi dans le 9ème arrondissement, où ils s'établirent comme diamantaires et joailliers), ils vénèrent cette église tout à la fois en tant que lieu de culte et d'incarnation de la nation arménienne. C'est un lieu de passage obligé de la diaspora.

08/0071 Deux pour le prix d'un

Avoir une rue portant son nom, c'est le rêve, avoué ou non de toute célébrité. Mais avoir son nom attribué à deux rues différentes, voilà qui n'est pas donné à tout le monde. Eh bien, Louis d'Astorg d'Aubarède, marquis de Roquépine, fait partie de ces heureux élus. Une rue d'Astorg et une rue Roquépine portent son nom pour la postérité, toutes deux situées dans le 8ème arrondissement. Ce n'est d'ailleurs pas le seul dans ce cas. Jean-Baptiste de Lamichodière, comte d'Hauteville, a sa rue dans le 2è arrondissement, quant à la rue d'Hauteville, elle court dans le 10è arrondissement. Il y en a même un troisième, que je vous laisse découvrir dans les anecdotes du 2è arrondissement.