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Ça s'est passé à Paris un 27 mai

Écrit le jeudi 25 mai 2017 11:39

jeudi, 25 mai 2017 11:39

Ça s'est passé à Paris un 27 mai

Le 27 mai 1943

Première réunion du Conseil National de la Résistance

 

 

Le Conseil national de la Résistance (CNR) était l'organe qui dirigea et coordonna les différents mouvements de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale, toutes tendances politiques comprises. Ce conseil était composé de représentants de la presse, des syndicats et des membres de partis politiques hostiles au gouvernement de Vichy à partir de la mi-1943.

Son programme, adopté en mars 1944, prévoit un « plan d'action immédiat » (c'est-à-dire des actions de résistance), mais aussi des « mesures à appliquer dès la libération du territoire » (une liste de réformes sociales et économiques).

Son premier président fut Jean Moulin, délégué du général de Gaulle, lequel voulait instaurer ce conseil afin d'unifier les différents mouvements de Résistance qui s'étaient spontanément constitués depuis la défaite et son appel du 18 juin 1940, au lendemain de la demande d'armistice par le maréchal Pétain.

Selon les dirigeants de la France libre (FFL), en effet, les mouvements de Résistance, hormis les Francs-tireurs et partisans (FTP) et autres résistants d'obédience communiste, étaient le plus souvent inorganisés et n'étaient pas suffisamment coordonnés. Aussi, nombre de maquis n'entretenaient pas de relations entre eux et ce cloisonnement des mouvements de Résistance empêchait toute action commune organisée, et donc efficace.

Le 1er janvier 1942, Jean Moulin devient ainsi le représentant du général afin d'unifier l'ensemble des mouvements de Résistance. En juin, il met en place un « Comité des experts » chargé de penser la synthèse des projets politiques pour l'après guerre.

Le tour de force qu'est l'unification se produit un an plus tard, le 27 mai 1943, lors de la première réunion du CNR qui se tient à Paris dans l'appartement de René Corbin, au premier étage du 48 rue du Four. Un odonyme rappelle cet événement : « Avenue du 27-Mai-1943 » à Elne dans les Pyrénées-Orientales, à l'initiative d'historiens et politiques locaux.

Cette réunion aura une importance politique considérable, ainsi que l'expose Robert Chambeiron :

« Après le 27 juin, les Américains ne peuvent plus douter de la légitimité de De Gaulle. La France devient un pays allié à part entière et, à ce titre, sera présente lors de la capitulation des armées nazies, le 8 mai 1945. D’autre part, les Alliés doivent abandonner leur projet d’administrer eux-mêmes la France au fur et à mesure de sa libération. Et, parce qu’il y a eu le CNR et de Gaulle, la France sera, lors de la création de l’Organisation des Nations unies, l’une des cinq grandes puissances à occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité. »

Peu après la création du CNR, Jean Moulin est dénoncé et capturé à Caluire par les SS. Après avoir été torturé pendant trois jours par Klaus Barbie, il décède le 8 juillet 1943 pendant son transfert vers l'Allemagne, sans avoir rien dit à ses tortionnaires. Son mutisme empêche les nazis de démanteler le CNR, lequel décide cependant par sécurité de mettre fin aux séances plénières. Il constitue alors un bureau exécutif de cinq membres, chaque membre représentant son propre courant et deux autres courants, sous la direction d'Émile Bollaert, délégué général depuis le 1er septembre 1943, et de Georges Bidault, nouveau président. Le CNR charge un Comité général d'étude de prendre la suite du Comité d'experts créé par Jean Moulin et de préparer une plate-forme politique pour la France d'après la Libération.

En novembre 1943 à Alger, le général de Gaulle entérine les points essentiels du Rapport Courtin élaborés au sein du « Comité général d'étude » et adoptés par l'« Assemblée consultative », points qui deviendront le noyau du programme du Conseil national de la Résistance appliqué à la Libération:

« Plan complet de sécurité sociale » c'est-à-dire une Sécurité sociale pour tous prévoyant remboursements des frais médicaux et indemnités de chômage ;
retraites étendues à toutes les catégories de salariés (les commerçants en resteront exclus) ;
« retour à la nation » des grandes entreprises exploitées par l'occupant, en particulier Renault, la SNCF, Air France, de grandes banques, sans pour autant rompre avec le capitalisme (compromis majeur avec le programme du PCF qui cédait ainsi, au moins provisoirement, sur un principe) ;
subvention d'un programme culturel ;
indépendance de la presse des capitaux des grandes industries ;

Émile Bollaert, ayant été arrêté le 3 février 1944, est remplacé en mars 1944 par Alexandre Parodi.

Le 15 septembre 1944, Louis Saillant succède à Georges Bidault à la tête du CNR.

Au cours de l'existence du CNR, les membres suivants seront remplacés :

appelé à la présidence du CNR : Georges Bidault (PDP) par André Colin ;
appelés à siéger à l'assemblée d'Alger : Eugène Claudius-Petit (FT) par Jean-Pierre Lévy, Charles Laurent (LN) par Henri Rivière, André Mercier (PC) par Auguste Gillot, André Le Troquer (SFIO) par Daniel Mayer et Marc Rucart (radical) par Paul Bastid ;
arrêté : Jean-Pierre Lévy (FT) par Antoine Avinin ;
fusillé : Roger Coquoin (CDLL) par André Mutter ;
déportés : Claude Bourdet (Combat) par Marcel Degliame, Jacques-Henri Simon (OCM) par Maxime Blocq-Mascart ;
remplacement occasionnel en cas d'indisponibilité : Pascal Copeau (LS) par Hervé Pierre.

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