L'arrivée de Gaston dans Le journal de Spirou est annoncée mystérieusement par des traces de pas dans les marges des pages du journal, sans explications pour le lecteur dans un premier temps. Gaston Lagaffe était né.
Il apparaît pour la première fois à la rédaction du Journal de Spirou du 28 février 1957, en costume et nœud papillon, deux semaines plus tard en jean noir, pull-over vert et espadrilles, assis sur une chaise, cigarette aux lèvres. Entretemps, les lecteurs ont pu le découvrir dans Le Journal de Spirou du 7 mars 1957, dans lequel il porte toujours le costume, mais une cravate dénouée. Sans doute le premier pas vers la décontraction qui le caractérise.
Le 25 avril 1957, un communiqué de Fantasio, autre personnage de Spirou, tente d'éclaircir la situation aux lecteurs : Gaston a été recruté par une personne dont il ne se rappelle pas le nom, mais il demeure persuadé qu'il a été embauché pour un travail de héros de bande dessinée. Ne pouvant être intégré dans une série du Journal de Spirou, il devient alors le premier « héros sans emploi3 ». Il est par la suite représenté comme un employé de la rédaction.
Le personnage de Gaston est introduit par ce dialogue lors de sa rencontre avec Spirou4 dans le Spirou no 990 :
— Qui êtes-vous ?
— Gaston.
— Qu'est-ce que vous faites ici ?
— J'attends.
— Vous attendez quoi ?
— J'sais pas… J'attends...
— Qui vous a envoyé ?
— On m'a dit de venir...
— Qui ?
— Sais plus...
— De venir pour faire quoi ?
— Pour travailler...
— Travailler comment ?
— Sais pas… On m'a engagé...
— Mais vous êtes bien sûr que c'est ici que vous devez venir ?
— Beuh...
Gaston est au début simplement indolent, paresseux et à l'occasion gaffeur (trouvant le moyen de « mettre le feu aux extincteurs », par exemple). Ses gaffes lui donneront, bien après son apparition, un nom de famille et une fonction récurrente dans le journal : empêcher, bien malgré lui, de signer des contrats importants avec Monsieur De Mesmaeker, inonder les locaux, etc.
Il passe alors la plus grande partie de son temps à essayer d'éviter de travailler (en se cachant dans une armoire, ou bien plus simplement en dormant sur son bureau…).
Malgré tous ces problèmes parfois très graves, Gaston ne se fera renvoyer qu'une fois, lorsque Monsieur Dupuis tombe nez à nez avec sa vache dans les locaux du journal. Gaston sera néanmoins réembauché très vite grâce au soutien des lecteurs.
Au fil des années, d'indolent qu'il était, Gaston devient astucieux et invente divers objets et procédés destinés à lui faciliter le travail. Son système de classement du courrier, à base de micro-perforations, laissera pantois Prunelle et Lebrac jusqu'à ce qu'ils découvrent l'origine des petits trous : Gaston classait en bellevue en accrochant le courrier sur son cactus géant.