Le 27 février 1969 commence le transfert du marché des Halles vers Rungis.
Le décor principal du "Ventre de Paris" d'Émile Zola occupait cette place depuis 1137, lorsque Louis VI y ordonna le transfert des deux marchés, le marché Palu, sur l'île de la Cité et le marché central de la place de Grève.
Ils ne cessèrent alors de s'agrandir et de se transformer au fil des siècles, des halles en bois édifiées par Philippe Auguste en 1183 puis par Louis IX en 1263, à la construction d'une nouvelle halle aux blés en 1769 et à l'aménagement du cimetière des Innocents en marché aux fleurs, fruits et légumes, en passant par la reconstruction sous Henri III de la place principale, le Carreau.
Au XIXe siècle, les questions d'hygiène et de circulation devinrent préoccupantes pour le préfet de la Seine. Le préfet Rambuteau créa la Commission des Halles, qui avait pour mission d'étudier l'intérêt de garder les Halles à leur emplacement ou bien de les déplacer.
Victor Baltard remporta le concours d'architecture pour redessiner les Halles. De ce projet, émergèrent douze pavillons couverts de vitrage avec des parois en verre et des colonnettes en fonte.
Pour des raisons d'hygiène, d'insalubrité, de vétusté et d'encombrement par les véhicules routiers, il fut décidé au début des années 1960 de démolir les pavillons Baltard et de transférer le marché des Halles vers Rungis. Ce déménagement sera désigné par les contemporains comme « le déménagement du siècle ».
Si l'on peut comprendre ces raisons, on peut, par contre, difficilement accepter que les somptueuses halles de Baltard aient été purement et simplement rasées, (une seule a été récupérée et remontée à Nogent sur Marne) pour être "remplacées" par cet énième hideux temple au commerce qu'est le devenu le coeur de Paris, qui a d'ailleurs tellement mal vieilli qu'il a dû lui même être rasé pour être à son tour remplacé par un autre, encore plus laid, et encore plus coûteux.
A l'heure où l'on se bat pour conserver le superbe patrimoine immobilier que nous ont légué les générations précédentes, il serait temps de mettre fin une fois pour toutes à ces exactions menées au nom de la "modernité", et surtout du profit, à l'encontre
de notre mémoire collective.