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Ça s'est passé à Paris un 30 décembre

Écrit le jeudi 29 décembre 2016 11:19

jeudi, 29 décembre 2016 11:19

Ça s'est passé à Paris un 30 décembre

Le 30 décembre 1306

Le roi assiégé

 

Bien que Philippe le Bel ait mis en place, sous son règne, les fondations des institutions administratives de l'état moderne, cette conception d'un gouvernement fort et centralisé est mal comprise. S'il est en quête permanente de fonds pour financer ses entreprises guerrières, il doit en outre édicter certaines mesures destinées à assainir l'économie monétaire frappée d'instabilité chronique.

La bonne monnaie forte, basée sur l'or et l'argent, instaurée par Louis IX est mise à mal par le roi et ses conseillers. Pour faire baisser la dette royale, le roi décide de diminuer le poids de métal fin et d'augmenter le nombre de pièces dévaluées. Mais cet artifice budgétaire, s'il ne procure à l'état que des bénéfices éphémères, entraîne, en revanche, le vif mécontentement de toute la population et en particulier celui des seigneurs, des rentiers du sol et des salariés payés en monnaie dévaluée.

Conscient de ce problème, le roi tente, en 1306 et 1313, de revenir à la "bonne monnaie". En 1306 le rétablissement trop brusque, provoque la hausse indirecte des loyers et des fermages. Ces mesures de déflation frappent lourdement le petit peuple des villes à qui les propriétaires demandent que leur dû soit payé en monnaie forte.

Le 30 décembre 1306, la foule gronde sous les fenêtres du Temple. Le peuple en colère pille les maisons des bourgeois. Les émeutiers vident les tonneaux, saccagent et brûlent le logis d'Etienne Barbette, qui dirige la Monnaie royale. Philippe le Bel contraint de se réfugier au Temple, est assiégé dans son donjon. Il le restera pendant deux longs jours.

Dans tout le pays, la situation ne cesse de se dégrader. Le royaume prospère dont a hérité le fils de Philippe III le Hardi ne peut surmonter ni la succession de mauvaises récoltes ni la guerre et les manigances financières et fiscales qu'elle entraîne.

Les charges sont de plus en plus lourdes. Alimenter le budget de l'état, payer les rentes et les agents de l'administration trop nombreux, entretenir les garnisons des forteresses royales, maintenir le train de vie de la cour, achever les travaux du palais de la Cité demande des sommes considérables. Le pays est exsangue. Les laboureurs, les marchands, les bourgeois et les petits nobles, qui vivaient jadis dans une certaine opulence, sont au bord de la ruine. Les dévaluations successives diminuent considérablement le pouvoir d'achat et nuisent au développement du commerce.

Lorsque Philippe le Bel meurt, le 29 novembre 1314, la France toute entière est prête à se révolter.

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