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Ça s'est passé à Paris un 21 décembre

Écrit le mardi 20 décembre 2016 04:20

mardi, 20 décembre 2016 04:20

Ça s'est passé à Paris un 21 décembre

Le 21 décembre 1911

Jules et sa bande braquent une banque en automobile.

 

Héritier des Apaches, c’est à la Belle Époque que Jules Bonnot commence à militer pour l’anarchisme. Il se fait renvoyer des chemins de fer de Bellegarde à la suite de son engagement syndical et politique: désormais plus personne n’accepte de l’engager.

Né en 1877 à Besançon, il sera élevé par son père analphabète, suite au décès de sa mère alors qu'il n'avait que 10 ans. Il ira de petit boulot en petit boulot, mais sa formation de mécanicien sera l'un des facteurs déclencheurs de sa future "vocation".

À Saint-Étienne, il est mécanicien dans une firme reconnue. Il loge avec sa famille chez le secrétaire de son syndicat, un certain Benoit Antoine Besson, qui devient l’amant de sa femme. Pour échapper à la colère de Bonnot, Besson part en Suisse avec Sophie et son fils. Jules adresse à Sophie des messages désespérés. En vain. Il ne reverra plus jamais sa femme ni son fils.

Alors commence une vie de crimeset de violences.

Son engagement politique est toujours plus fort. Il perd son emploi et devient, comme bien d’autres à cette époque, un chômeur miséreux.

De 1906 à 1907, il commet quelques casses avec Joseph Platano, son bras droit, un boulanger italien. Bonnot s'exerce notamment à l'ouverture de coffres-forts, ce qui lui permet d'ouvrir deux ateliers de mécanique à Lyon, les voitures et motos qu'il répare lui permettront la nuit de réaliser ses braquages.

En 1910, il se rend à Londres pour y rencontrer des cellules anarchistes et serait selon la légende devenu le chauffeur de Sir Arthur Conan Doyle, grâce à ses talents de chauffeur qui lui seront plus qu’utiles dans son aventure illégaliste. Signalons que ce fait est controversé : certaines biographies de Bonnot y font bien référence, mais aucune de Conan Doyle ne confirme ce point. Edmond Locard rapporte, quant à lui, que Conan Doyle, alors qu'il visitait son laboratoire de police scientifique à Lyon, tomba en arrêt devant un portrait et s'écria : « Mais c'est Jules, mon ancien chauffeur ! ».

Fin 1910 de retour à Lyon, il utilise l’automobile (une De Dion-Bouton) comme technique criminelle, une innovation, alors que les policiers et gendarmes se déplacent encore à cheval ou à vélo.

Le 14 décembre 1911, Bonnot, Garnier et Callemin volent une automobile qu’ils comptent utiliser pour leurs projets. Utilisant ses connaissances des différents modèles, Bonnot a choisi une limousine Delaunay-Belleville verte et noire de 12 CV, modèle 1910, marque de luxe qu’il sait fiable et rapide.

Le 21 décembre 1911, à 9 h, devant le 148 rue Ordener à Paris, Bonnot, Garnier, Callemin et peut-être un quatrième homme se présentent à la rencontre d’Ernest Caby, garçon de recette de la Société Générale, et de son garde du corps, Alfred Peemans. Lorsqu’ils les aperçoivent, Garnier et Callemin se précipitent hors de la voiture, Bonnot restant au volant. Garnier fait feu à deux reprises sur l’encaisseur qui s’effondre, grièvement blessé. Callemin ramasse sa sacoche, et tous deux s’enfuient en direction de la voiture, malgré l’intervention de passants que Bonnot tente de disperser en tirant en l’air. Une fois Callemin et Garnier montés à l’intérieur, Bonnot démarre, mais Callemin fait tomber la sacoche dans le caniveau. Il descend pour la récupérer, aperçoit quelqu’un qui court dans sa direction, sur lequel il tire sans le toucher, puis récupère son butin et remonte dans la voiture. Selon plusieurs témoins, un quatrième homme serait intervenu à ce moment. Enfin, Bonnot démarre, et la bande prend la fuite.

C’est la première fois qu’une voiture est utilisée pour commettre un braquage, et l’événement a un retentissement considérable, accru par la blessure grave de l’encaisseur. Le lendemain l’événement fait la une des journaux qui surnomme les braqueurs « la bande en automobiles » ou « les bandits tragiques ».

La bande à Bonnot se rendra coupable de plusieurs braquages en automobile, non sans avoir ajouté quelques victimes à leur triste palmarès.

Jules Bonnot sera tué lors d'une perquisition chez un anarchiste de ses amis, après avoir tué l'inspecteur qui l'avait reconnu, le 24 avril 1912 à Ivry sur Seine.
Quant à ses complices, ils périront le 14 mai 1912 dans l'assaut de la maison de Choisy le Roi, dans laquelle ils s'étaient retranchés.

S'il faut tirer un point positif ce de cette sanglante épopée, c'est la création des "Brigades du Tigre". Georges Clémenceau, "le Tigre", avait créé ces brigades motorisées de policiers, les mettant désormais à égalité de moyens pour combattre les bandits.

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