Paris disposait jusqu'au XIXe siècle d'un des plus grands carnaval du monde. On dira même que 'voir Paris sans voir Carnaval, c'était pareil que voir Rome sans croiser le pape".
Que signifiait Carnaval alors ? Pourquoi était-ce une fête si importante ? Pour beaucoup de parisiens très modestes, c'était l'occasion surtout de bien
boire et manger. D'ailleurs, la foule affluait alors quai de la Mégisserie pour acheter des grosses volailles. C'était d'ailleurs une des trois grandes fêtes
de l'année avec la Saint Martin et les Rois.
Profitant de la liberté donnée par les masques, on pouvait se livrer à toutes sortes d'intrigues et de drague, en dansant dans les bals et dans la rue.
On oubliait un temps les difficultés. Finis pendant Carnaval, la vie difficile et les carcans de la société. Tout était permis.
Voilà le point d'orgue de Carnaval, juste avant l'entrée dans le carême !
Les masques paradaient dans la rue. Au XVIIIe siècle, les masques se retrouvaient à la porte Saint Antoine.
Progressivement la promenade se déplaça vers l'ouest et la porte Saint Honoré.
Au début du XIXe siècle, les masques investissent la rue de Richelieu puis la Courtille, où ils furent les plus extravagants. Les costumes furent
alors une véritable folie.
Quelle folie ! Au matin du mercredi des cendres au XIXe siècle, la foule des masques se retrouve à la barrière de Belleville, appelée également la
Courtille. Direction le boulevard du Temple.
Le but de la promenade des masques était de s'invectiver et de s'injurier. Mais pour plus d'amusement, des véritables sketchs avaient été
rédigés : le catéchisme poissard
A Carnaval, on ne trouvait pas que des parisiens populaires dans les rues et sous les masques. Les nobles étaient aussi de la partie.
Parmi eux, Milord l'Arsouille, alias Lord Seymour, fut le plus acclamé dans les années 1830.