Actualités
Actualités
La vérité sur la Bastille, mythe fondateur de la Révolution

Écrit le samedi 20 janvier 2018 09:24

samedi, 20 janvier 2018 09:24

La vérité sur la Bastille, mythe fondateur de la Révolution

La vérité sur la Bastille, mythe fondateur de la Révolution


La Révolution française, pour justifier ses crimes et ses exactions, utilisa tous les moyens pour discréditer "l'Ancien Régime". C'est ainsi que la Bastille fut érigée en symbole "de la tyrannie". Passons sur l'événement en lui-même, qui sera l'objet d'un prochain article. Pour en rester aux prisonniers détenus dans cette forteresse, il n'y eut que peu d'opposants politiques depuis le 16è siècle. Encore étaient-ils pour la plupart, conspirateurs envers le pouvoir royal, traîtres à leur patrie, ou avaient commis des crimes ou des délits punissables d'emprisonnement.

Notons aussi que la quasi-totalité des prisonniers étaient issus de la noblesse, du clergé ou de la bourgeoisie. Très peu de gens du peuple y furent enfermés.

Quant à leurs conditions de détention, hormis dans les cachots réservés aux crimes les plus infâmes, elles furent très loin d'être aussi terribles que l'avaient déclaré les révolutionnaires. Pour exemple, voici le régime auquel était soumis les détenus dans leurs cellules:

" Sous Louis XV, ces cachots ne furent plus qu'un lieu de détention pour les prisonniers coupables de rebellion furieuse à leurs devoirs; sous Louis XVI,Necker interdit leur emploi pour qui que ce soit et dans n'importe quelles circonstances.

Le gouverneur touchait du roi, avons-nous dit, pour la nourriture et l'entretien de ses prisonniers (habillement, blanchissage, chauffage et éclairage), de 2 à 50 livres par jour, selon la condition de ceux-ci.

Les repas, qui étaient servis individuellement à 7 heures du matin (déjeuner), à 11 heures (dîner) et à 6 heures du soir (souper), furent-ils toujours copieux, voire somptueux. Citons Marmontel, enfermé en 1759: voilà mes deux geôliers qui rentrent avec des pyramides de plats dans les mains, beau linge, belle faïence, cuillère et fourchette d'argent. Ce dîner étalt gras; en voici le détail: un excel1ent potage, une tranche de boeuf succulent, une cuisse de chapon bouilli ruisselant de graisse et fondant, un petit plat d'artichauts frits en marinade, un d'epinards, une très belle poire de crésane, du raisin fra1s, une bouteille de vin vieux de Bourgogne et du meilleur café de moka."

Sous Louis XIV, quelques prisonniers demandèrent au gouverneur d'avoir un régime alimentaire plus modeste et de recevoir en argent ce qu'ils ne mangeraient pas. Ils proposèrent même au gouverneur de partager avec le montant de l'économie qui serait ainsi faite.

Latude, qui avait été jusqu'alors un pauvre hère, ne s'est-il pas plaint de ce que les poulets qu'on lui servait étaient insuffisamment lardés ?

Tavernier, autre pauvre hère, un des sept prisonniers qui furent libérés le 14 juillet 1789 (il était enfermé depuis 1757) reçut, en supplément de Ses repas ordinaires, en mai 1787: une livre et demie de tabae, 4 bouteilles d'eau-de-vie, 62 de vin, 31 de bière, 30 livres de pain, 3 livres de chandelles, des pigeons, 2 livres de café, 3 de sucre. En novembre 1788: du tabac, 4 bouteilles d'eau-de-vie, 60 de vin, 30 de bière, 2 livres de café, 3 de sucre, une dinde, des huîtres, des châtaignes, des pommes et des poires. En mars 1789 : du tabac, 4 bouteilles d'eau-de-vie, 45 de vin, 60 de bière, café, sucre, poulet, fromage...

(D'après Jacques Hillairet, "Gibets, piloris et cachots du vieux Paris")

Connectez-vous pour commenter