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Le journal de Paris
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451 après J.C.
Sainte Geneviève sauve Paris
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Le Contexte
Nous sommes en 451 après J.C. L’Empire Romain d’Occident est en pleine décadence. Les empereurs se succèdent à un rythme effréné. Assassinats, conspirations, trahisons, contribuent à l’instabilité de l’Empire, qui se désagrège sous les coups de boutoir des envahisseurs venus de l’est et bientôt d’Asie centrale. En 406, ce sont des cohortes de guerriers Vandales, Suèves et Alains, accompagnés de leurs femmes et de leurs enfants, qui franchissent le Rhin, et se dirigent vers la Gaule. Et cette fois, il ne s’agit pas pour eux de convoiter les riches terres fertiles de ce pays de cocagne, mais de fuir devant un envahisseur encore plus terrible qu’eux : Attila et ses Huns.
Bouclier gaulois
Aetius
Ste Geneviève encourage les Parisiens Les guerriers d'Attila, montés sur leurs chevaux rapides et trapus, sont de redoutables archers et d'excellents escrimeurs. Et l'on sait qu'ils ne font pas de quartier. La situation instable en Europe de l'ouest l'incite à intervenir dans cette région riche, où les tribus qui y résident se haïssent et s'affaiblissent dans des guerres perpétuelles. Wisigoths dans le royaume de Toulouse, Burgondes (qui laisseront leur nom à la Bourgogne) entre Rhône et Alpes, la Gaule Belgique, dominée par les Francs, dont nous reparlerons. De cette Gaule divisée, Attila veut tirer des tributs. |
Paris sauvé par une bergère ! Les Huns, rassemblés sous l’autorité du roi Attila, qui avait constitué un vaste empire au centre de l’Europe (le nom de la Hongrie dérive de Huns, en anglais Hungary), franchirent le Rhin en 451 et déferlèrent sur la Gaule.
Le pays fut terrorisé par ces conquérants farouches, « animaux bipèdes plutôt qu’êtres humains », selon un chroniqueur de l’époque. Trapus, imberbes, vêtus de peaux de rats et passant leur vie à cheval. Attila se proclamait lui-même « Le fléau de Dieu », en affirmant que partout où ses hordes passaient, l’herbe ne repoussait plus.
Les terrifiants cavaliers Huns, auxquels s’étaient joints des auxiliaires iraniens et germaniques, envahirent la Gaule par Metz, Reims et Troyes, qui furent détruites.
Toutes les populations s’enfuyaient. Toutes ? Non ! Seuls les habitants de Paris, encouragés par une pieuse paysanne du village de Nanterre, Geneviève, s’apprêtèrent à résister.
Attila, qui ne voulait pas perdre de temps, épargna Paris, et se rua sur Orléans, qu’il assiégea.
L’évêque de la ville, Saint Aignan, se rendit en Arles pour implorer l’aide d’Aetius, le dernier grand général romain, qui réunit tous les barbares de Gaule, Francs, Burgondes, Alains, et obtint même l’appui de Théodoric 1er, roi des Wisigoths d’Aquitaine. Le 14 juin 451, ces forces alliées parvinrent devant Orléans, et Attila, surpris, battit en retraite. La rencontre décisive eut lieu le 20 juin, près de Troyes. Ce fut la bataille des Champs Catalauniques. Après une dure bataille, au cours de laquelle Théodoric 1er trouva la mort, les Huns battirent en retraite et se replièrent dans la vallée du Danube pendant l’été 451. Attila mourra en 453, d'un saignement de nez, et son empire disparaîtra avec lui. On le voit, si l’action de Geneviève ne fut pas déterminante, d’un point de vue militaire, sa détermination contribua indirectement à la défaite d’Attila, et à la christianisation du pays. C’est la raison pour laquelle elle devint la sainte patronne de Paris. Quant à Aetius, il avait sauvé la Gaule. Mais cela n’empêcha pas Valentinien III, jaloux de ses succès, de l’assassiner en 454.
La Lutèce Gallo-Romaine N'oublions pas que Lutèce n'est pas, à l'époque, la ville la plus importante de la Gaule. Les Vandales ont précédé les Huns dans la sauvagerie de leurs conquêtes. L’héritage des Vandales est traditionnellement jugé d’une importance assez faible. Mis à part quelques noms de lieux (la Vandalousie serait devenue l’Andalousie, par le biais de l’arabe Al Andalus), c’est surtout dans le vocabulaire moderne que leur héritage est le plus évident. Dans de nombreuses langues, en effet, le qualificatif « vandale » a une connotation de terreur, de destruction aveugle, de pillage, de saccage. En français, le mot vandale est employé pour la première fois dans un sens péjoratif par Voltaire en 1734. En 1794, l’Abbé Grégoire alors député à la Convention emploie le premier le terme vandalisme (P. Riché) : les Vandales sont ainsi devenus le stéréotype des peuples barbares du Haut Moyen Âge dans l’historiographie française.
![]() SPQR: le Sénat et le peuple de Rome |
Sainte Geneviève priant
Monnaie Gallo-Romaine
Francisques
A l’époque... Le Japon entre dans l’âge historique grâce à l’introduction de l’écriture venue de Chine. L'usage de l'étrier métallique se développe chez les cavaliers des steppes asiatiques. Il s'agit d'une invention militaire extrêmement importante. En effet, s'appuyant sur leurs étriers, ces cavaliers accroissaient considérablement leur force d'impact contre les fantassins. C'étaient les chars d'assaut de l'époque. Cette invention explique en grande partie les succès des cavaliers nomades d'Asie centrale. Cette carence faisait cruellement défaut aux cavaliers grecs ou romains, privés ainsi d'une grande partie de leur force de pénétration dans les lignes ennemies. Premières migrations des Roms du nord de l’Inde. Ils parlent un dialecte hindi d’origine indo-européenne.
Les alchimistes commencent à rechercher la pierre philosophale.
La tradition druidique tend à disparaître en Gaule devant la culture gallo-romaine et la religion chrétienne.
On date approximativement de cette époque l'invention du fer à repasser, et...du soutien-gorge.
![]() L'Empire hun
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Attila
![]() Bague de mariage Gallo-Romaine
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La Colline du savoir...
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La bataille des C hamps catalauniques (Miniature du 14è siècle) A la tête d'une puissante armée (150 000 hommes ?) composée des cohortes romaines de Gaule, des Wisigoths du Roi Théodoric Ier, des Francs Saliens du Roi Mérovée (arrière-grand-père de Clovis et ancêtre de la dynastie mérovingienne), mais aussi aidé par les Alains d'Orléans du Roi Sangiban, ou les Burgondes du Roi Gondioc et les Saxons, Aetius affronte les Huns d'Attila (et ses alliés : les Ostrogoths du Roi Valamir, les Gépides du Roi Ardaric) aux Champs Catalauniques, en Champagne (localisés au sud de Troyes, dans la plaine de Morey) le 20 juin 451. C'est une victoire pour les coalisés. Attila qui a regroupé les restes de son armée derrière les chariots est près à se suicider avant de pouvoir finalement fuir. Les pertes sont très lourdes des 2 côtés (environ 200 000 morts dont le Roi des Wisigoths Théodoric).
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Que mangeaient les
Gallo-Romains ?
Des céréales Elles constituaient l’élément essentiel de l’alimentation gallo-romaine. Plusieurs types de céréales étaient consommées, dont le blé, l’orge, le millet, le sésame (originaire de l’Inde), l’avoine et le seigle .Elles se préparaient en bouillie. Bouillie la plus courante, la polenta se faisait avec de l’orge additionné de graines de lin. La placenta était un dessert fait de semoule fine, de farine et de blé pour la pâte. Elle était ensuite garnie avec du miel et de la crème préparée à partir de fromage de brebis. On consommait bien entendu aussi beaucoup de pain. Les plus raffinés devaient ressembler à notre pain de mie ou à du pain au lait. Il existait à l'époque gallo-romaine une grande variété de pains fabriqués avec différentes céréales.
Des légumes
Les Gallo-romains cultivaient en général un potager. On pouvait y trouver des salades (chicorée, pissenlit, mâche, roquette, laitue, endive, cresson), des bettes, des panais, des carottes, des asperges, des concombres, des cardes, des artichauts, des fèves, des courges, des poireaux, des radis. Le chou était fréquemment consommé. Il en existait plusieurs espèces : le chou frisé, le brocoli et le chou à tige menue. Les champignons constituaient un mets raffiné. Les truffes en particulier étaient consommées par les plus riches. Les légumineuses formaient un autre groupe très important : fève, pois, pois chiche, lentille. Les légumes pouvaient être consommés frais, bouillis, frits ou en purée. Le surplus de la production était conservé dans du sel ou du vinaigre, ou encore séché.
Des fruits
Les Gallo-romains en étaient très friands. Ils produisaient des abricots, des pommes, des grenades, des coings, des raisins, des cerises, et cueillaient des fruits sauvages tels que des mûres, des noix, des noisettes, des amandes, des pignons. Ils importaient des figues et des dattes de Syrie et d’Afrique du Nord. A partir de fruits qu’ils connaissaient déjà, comme lesprunes et les pêches, ils ont créé, grâce aux greffes, de nouvelles variétés comme les brugnons et les nectarines. Du miel Les agronomes se sont beaucoup intéressés au miel dont ils détaillent les techniques de récolte et d’utilisation dans les traités qui nous sont parvenus. Ainsi, on sait que les ruches étaient fabriquées en écorce, en osier ou en paille. L’extraction du miel était faite par l’apiculteur lui-même. Après l’avoir débarrassé des impuretés, il le stockait dans des jarres, et/ou des vases fermés hermétiquement. Il existait différentes sortes de miel en fonction du terrain et des fleurs. Le plus estimé était le miel de thym. La récolte se faisait en trois fois : au printemps, en été et en automne (moins bonne récolte). En plus du miel, les abeilles produisaient de la cire utilisée pour les tablettes à écrire. Les Gallo- romains pouvaient également s’en servir pour étancher les jarres à huile. Comme le pain et le lait, le miel constituait un aliment de base utilisé dans la préparation des desserts (gâteau au miel), des viandes et des boissons (hydromel). Le miel tenait lieu de sucre, dont on ne connaissait pas la fabrication à l’époque gallo-romaine. Il était aussi utilisé pour conserver les fruits et la viande. Les gallo-romains fabriquaient également du “miel de dattes” qui était un sirop obtenu par la cuisson de dattes de rebut. Des fruits secs ou concassés trempés dans du miel étaient consommés en tant que friandise. De l’eau En Gaule, il existait beaucoup de sources et de rivières. Les villae étaient construites à la campagne, à côté de ces dernières, ce qui permettait aux propriétaires d’avoir de l’eau à proximité. Quant aux villes, elles étaient alimentées par des aqueducs qui sont des canaux permettant d’amener l’eau. Ils pouvaient être souterrains ou aériens et couvraient des distances parfois très longues. Le plus célèbre des aqueducs conservé de nos jours passe par le “Pont du Gard”. De même, à l’entrée des villes il pouvait y avoir des châteaux d’eau qui permettaient d’approvisionner les thermes, les fontaines, les jardins et les maisons. Selon leur lieu de vie, les Gallo-romains récoltaient aussi l’eau de pluie dans des citernes ou creusaient des puits. L’eau était utilisée comme boisson mais aussi pour la cuisson des aliments. |
Mosaïque de Séviac
Des épices, des aromates et des condiments Ils étaient très nombreux à accompagner les recettes romaines. Il n’y avait jamais une seule épice mais un mélange d’épices utilisé dans les recettes. Ces dernières étaient toujours très assaisonnées. Les épices et aromates se divisaient en deux grandes catégories : - les productions locales gallo-romaines : ail, menthe, coriandre, céleri, aneth, livèche, sarriette, laurier, carvi, ciboulette, câpre, genièvre, myrte (qui remplaçait le poivre), fenouil, basilic, persil - les importations : poivre d’Inde, gingembre. L’éloignement des zones de production en faisait des produits très coûteux.
Le garum était présent dans toutes les recettes et tenait lieu de sel à Rome. C’était une sauce faite à base d’entrailles de poissons que l’on séchait au soleil. Aujourd’hui, le goût serait apparenté au nuoc-mam, sauce provenant du sud-est asiatique. Le sel était indispensable pour la conservation des aliments. On l’extrayait de trois manières différentes :
- le sel gemme - le sel de source comme au site des Fontaines Salées à Saint-Père - le sel marin La seule huile végétale utilisée pour la cuisine par les Romains et les Gallo-romains proches de la Méditerranée était l’huile d’olive. L’huile de noix existait mais n’était guère utilisée, car jugée « dégoûtante » selon Pline.
Le moulin à huile La fabrication de l’huile d’olive est décrite par les agronomes latins. Les olives récoltées à la main, à l’automne, étaient broyées à l’aide de meules et pressées. Ensuite, elles étaient conservées dans de grandes jarres en terre cuite imperméabilisées à la cire et scellées. Son usage ne semblait pas être le plus courant en Gaule du Nord où l’on préférait cuisiner avec les graisses animales. Une autre huile, celle de myrte, était également utilisée pour clarifier le vin. Du vin Avant la conquête, le vin était importé d’Italie ou de Grèce. Dès le 1er siècle, la vinification fut introduite en Gaule Narbonnaise, puis gagna très vite les autres provinces. Dans nos régions, des découvertes archéologiques
(pépins de raisins et outils de vignerons à Escolives et à Alésia) laissent penser que la culture de la vigne remonte au IIe siècle. Le vin le plus courant à l’époque Gallo-romaine était le vin blanc. Le plus célèbre vin blanc romain était le falerne. D’après des expérimentations récentes, il semblerait que le goût des vins romains devait se rapprocher de certains vins blancs du Jura et de Haute Savoie.
En effet, ceux-ci sont des vins fabriqués à partir de cépages anciens, assez proches des cépages Gallo-romains attestés par les textes. Le vin rouge était rare et moins apprécié. Il existait aussi des vins doux et des vins cuits. Après les vendanges, on pressait le raisin. Le jus était mis dans des dolia (grandes jarres en terre cuite) dans lesquelles avait lieu la fermentation.
Ensuite, le vin était versé dans des tonneaux et dans des amphores poissées (étanché
es à la poix) qui servaient également pour le transport. Malgré cela, le vin s’altérait très vite. Les Gallo-romains le filtraient avant de le consommer et comme il était très épais, le coupaient avec de l’eau. En lui ajoutant du miel et des aromates, ils obtenaient le mulsum. Le vinaigre, fait à partir de vin additionné de miel ou de levain et de sel, était très couramment utilisé dans la cuisine romaine.
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Ce que les Gallo-romains ne connaissaient pas
Parmi les céréales Le maïs, originaire d’Amérique du Sud ne fut introduit en Europe que vers 1500. Parmi les légumes La tomate, le poivron, le flageolet et la pomme de terre sont originaires d’Amérique du Sud et furent introduits en Europe au 16è siècle. L’aubergine est originaire de l’Inde et sa date d’apparition en Europe est discutée. Certains auteurs pensent qu’elle serait arrivée en Europe tempérée au cours du 17è siècle alors que d’autres attribuent sa date de présence en Europe à la fin du 14è siècle. Parmi les fruits L’orange : originaire de l’Inde, elle était inconnue des Grecs et des Latins. Les Arabes auraient introduit l’oranger en Europe vers le 10è siècle. Le citron : originaire de l’Inde orientale et de l’Indochine, il fut introduit en Europe vers 1260. La viande Le lapin d’élevage était inconnu à l’époque gallo-romaine. Il ne fut introduit qu’au Moyen Age. Cependant, le lapin de garenne existait. Les sucreries Le chocolat n’est apparu en Europe qu’à partir du 16è siècle et était surtout utilisé comme médicament. Il ne fut consommé comme friandise qu’à partir du 19è siècle.
L'alimentation gauloise
Une cuisine Gallo-romaine
Lutèce vue par Robida En fait, l'Ile de la Cité. Remarquez le fantôme de Notre-Dame de Paris, qui, bien sûr, n'existait pas encore.
Esclave romain de cuisine. Mosaïque romaine
Bon à savoir... Plusieurs mots nous viennent droit des peuplades germaniques, y compris les Francs, qui habitaient alors la Gaule. Ainsi, parmi les substantifs: HALD: vieux . BERT: brillant HARDT: dur. Parmi les verbes: WARD: garder. WALD; gouverner. Parmi les déterminatifs: HROD: gloire. REGIN: conseil. HRAMN: corbeau. BERIN: guerrier mais aussi ours. GER: lance ou javelot., etc... La combinaison de ces éléments donne les noms en usage: HROD-BERT: Robert. HROD-GER: Roger. BERIN-HARDT: Bernard BERT-HRAMN: Bertrand REGIN-WALD: Renaud HARDT-BERT: Albert |
















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