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Petite histoire des égouts de Paris

Écrit le mercredi 2 mai 2018 03:02

mercredi, 02 mai 2018 03:02

Petite histoire des égouts de Paris

Petite histoire des égouts de Paris

 


A la fin du XIXe siècle, on découvrait, en faisant des fouilles dans l’île Saint-Louis, des canalisations souterraines qui étaient, paraît-il, des spécimens fort curieux et surtout fort bien conservés du système des égouts qui furent construit à Paris au XVIIe siècle.

Cette île Saint-Louis aura toujours présenté ceci d’original qu’étant le coin le plus vieux de Paris, elle aura vu se produire toutes les innovations de l’architecture. C’est il y a plus d’un siècle qu’était construit par le service de la voirie un siphon sous le lit de la Seine, ce siphon permettant d’envoyer dans les égouts collecteurs des quais de la rive droite et de la rive gauche les eaux nées dans l’île et qui, jusqu’alors, allaient se jeter directement dans la Seine et étaient une des causes d’infection de notre fleuve.

En tête du siphon Saint-Louis fut établie une petite usine élévatoire hydraulique remontant les eaux de l’île pour les amener dans le siphon. Tous ces travaux présentent alors un intérêt réel pour le Parisien qui aime à flâner au-dessus comme au-dessous de la capitale ; il y a du reste une vraie ville sous celle que nous voyons, et il y a là des découvertes incroyables à faire.

Mais celui qui voudrait comparer les égouts d’autrefois avec ceux d’aujourd’hui constaterait quelques différences dans le mode de construction. Les premiers égouts de Paris, ou pour mieux dire les premiers canaux appelés à recevoir les eaux, superficielles et à les conduire dans la Seine, datent de 1350 ; Philippe V et Jean le Bon en ordonnèrent les travaux, et non Philippe-Auguste, comme on le dit généralement dans les histoires de Paris.

Avant 1350, les eaux s’écoulaient tant bien que mal, suivant la pente des rues, et séjournaient même en certains points, formant des cloaques nauséabonds quand le sol ne présentait point d’inclinaison.

Les premiers égouts furent au nombre de deux, par suite de la direction de leur courant, mais en réalité ils n’en formaient qu’un seul, qu’on appelait « le ruisseau de Ménilmontant » et qui prit plus tard le nom de « grand égout de ceinture ». Ce ruisseau de Ménilmontant, dont la pente était brisée, avait son origine au pied des coteaux de Belleville ; un versant se dirigeait vers l’Ouest, longeait les coteaux et se déversait dans la Seine en un point que l’on peut voir encore aujourd’hui, en aval de la rue Gaslou-Saint-Paul ; l’autre versant, se dirigeant vers l’Est, débouchait dans les fossés de la Bastille et fut prolongé ensuite jusqu’à la Seine, où on en retrouve l’embouchure en aval du pont d’Austerlitz.

Sur la-rive gauche, les eaux superficielles avaient comme exutoires la rivière de la Bièvre, les fossés Saint-Bernard et Saint-Victor, et à l’Ouest les fossés de la ville occupés ensuite par l’égout Guénégaud.

De 1350 à 1618 furent construits le « ruisseau de-la rue Montmartre » qui fut maçonné et voûté sous le règne de Charles VI, celui du Ponceau, celui de la rue Vieille-du-Temple, de la rue Saint-Louis.

En 1663, la longueur des égouts voûtés de Paris était exactement de 2353 mètres, celle des égouts à ciel ouvert de 8035 mètres. En 1860, la longueur des égouts, qui était de 179 kilomètres devint de 228 kilomètres, grâce à l’annexion de la banlieue. En 1889, il y en avait 893 kilomètres ; à la fin du XIXe siècle, il y avait 1080 kilomètres à Paris, sans compter les branchements de bouches, de regards, etc.

Et si ce service, qui coûtait 1 055 000 francs à la Ville en 1878, dépassait en 1900 trois millions par an et employait au curage et au menu entretien pas moins de 1200 ouvriers, l’on se plaignait encore de l’assainissement de la capitale. Qu’auraient dû dire nos pères ? Avaient-ils l’odorat moins délicat et la santé plus robuste que nous ?

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