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28 mai 1258: signature du traité de Paris entre Henri III d'Angleterre et Saint Louis

Écrit le mardi 6 février 2018 03:41

mardi, 06 février 2018 03:41

28 mai 1258: signature du traité de Paris entre Henri III d'Angleterre et Saint Louis

28 mai 1258: signature du traité de Paris entre Henri III d'Angleterre et Saint Louis

 

Faisant de Henri III d’Angleterre le vassal de Louis IX, ce traité marque également la rétrocession par le roi de France aux Anglais de la suzeraineté sur le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l’Agenais et la Saintonge, et met un terme au conflit centenaire entre Capétiens et Plantagenêt

Joinville rapport que « le roi saint Louis fut l’homme du monde qui travailla le plus à faire et mettre paix et concorde parmi ses sujets, entre les princes et seigneurs de son royaume, et même des voisins (...) Les gens de son grand conseil le reprenaient aucune fois pour ce qu’il prenait ainsi grande peine à appaiser les estrangers (...), il répondit : Si les princes et grands seigneurs qui sont voisins de mon royaume, voyaient que je les laissasse guerroyer les uns les autres, ils pourraient dire que c’est par malice et ingratitude, et conquérir haine contre moi, et venir me courir sus dont je pourrai bien souffrir mal et dommage à mon royaume et encourir l’ire de Dieu qui a dit : « Béni soit celui qui s’efforce à mettre paix et concorde parmi les discordants. » Cette conduite attira à Louis IX l’affection et le respect des Bourguignons et des Lorrains qui lui soumettaient les différends qu’ils avaient les uns envers les autres et venaient à Paris, à Reims, à Melun et ailleurs là où le roi était. »

Henri III, roi d’Angleterre, ayant apaisé la révolte des Gascons, obtint de Louis IX la permission de revenir dans ses états en passant par la France ; son voyage donna lieu à des fêtes brillantes. Il vint à Paris, et fut logé au Temple. Au festin royal, Louis voulut faire asseoir Henri entre lui et le jeune roi de Navarre ; le roi d’Angleterre refusa cette place d’honneur : « Vous êtes mon seigneur, dit-il au roi de France, et le serez toujours. » Ensuite Louis fit venir Henri dans son palais, et l’y retint à coucher : « Il est juste, lui dit-il avec grâce, que je sois le maître chez moi : je veux cette nuit vous avoir en mon pouvoir. »

Henri profita de l’extrême bonté et de la conscience scrupuleuse de Louis pour réclamer la Normandie enlevée à Jean sans Terre par feu Philippe-Auguste. Ses raisons frappèrent le roi, et l’auraient peut-être des lors déterminé à lui accorder satisfaction, si les ministres et les barons français n’eussent soutenu que la confiscation faite sur Jean sans Terre, en punition de l’assassinat d’Arthur, était conforme aux lois et aux règles de la plus sévère justice.

Henri partit pour l’Angleterre, sans abandonner l’espérance d’obtenir ce qui venait de lui être refusé. Les négociations continuèrent à ce sujet, et, par le traité de Paris signé le 28 mai 1258 — et ratifié l’année suivante —, Louis rendit à Henri le Limousin, le Périgord, le Quercy et une partie de la Saintonge, en réservant l’hommage qui lui était dû comme seigneur suzerain.

Henri, de son côté, s’engagea par serment à renoncer pour lui et ses successeurs à la Normandie, à l’Anjou, au Maine, à la Touraine et au Poitou. Ce traité, désavantageux pour la France, fit murmurer les seigneurs. « Je sais, leur dit Louis, que le roi d’Angleterre n’a aucun droit sur ces provinces, et que son père les a légitimement perdues : mais nous sommes beaux-frères, nos enfants sont cousins-germains. Je veux établir solidement la paix entre les deux royaumes, et pour cela, il ne faut pas abuser de la victoire. J’aurai d’ailleurs un roi pour vassal. Henri est mon homme, il ne l’était pas auparavant. »

En effet le roi d’Angleterre revint à Paris, et rendit hommage lige à Louis IX en décembre 1259 pour les terres qu’il possédait en France. Au milieu des fêtes qui accompagnaient cette cérémonie, le jeune Louis, héritier présomptif de la couronne, mourut à l’âge de quinze ans, le 11 janvier 1260 — Louis de France était le premier enfant de Louis IX et de Marguerite de Provence seize ans.

Ce fut une grande douleur pour le roi et pour Marguerite. « Ce fut alors que le saint roi, croyant avoir assuré la tranquillité de son royaume, eut le désir de se consacrer entièrement à Dieu. L’affection particulière qu’il avait pour les Frères Prêcheurs le faisait pencher pour cette règle sévère.

« Avant de se déterminer, il assembla sa famille, et lui communiqua ses desseins. La reine Marguerite fit les plus grands efforts pour le détourner de cette résolution ; elle lui fit observer que ses enfants en bas âge avaient besoin d’être dirigés par lui ; que les troubles de la France se ranimeraient sous un jeune prince inexpérimenté, et qu’enfin la volonté de Dieu l’ayant placé sur le trône, son devoir était d’y rester. Ses instances, celles de ses frères, firent abandonner à Louis ces projets de retraite ; il n’en reprit qu’avec plus d’ardeur ses devoirs de roi.

Faisant de Henri III d’Angleterre le vassal de Louis IX, ce traité marque également la rétrocession par le roi de France aux Anglais de la suzeraineté sur le Limousin, le Périgord, la Guyenne, le Quercy, l’Agenais et la Saintonge, et met un terme au conflit centenaire entre Capétiens et Plantagenêt

Joinville rapport que « le roi saint Louis fut l’homme du monde qui travailla le plus à faire et mettre paix et concorde parmi ses sujets, entre les princes et seigneurs de son royaume, et même des voisins (...) Les gens de son grand conseil le reprenaient aucune fois pour ce qu’il prenait ainsi grande peine à appaiser les estrangers (...), il répondit : Si les princes et grands seigneurs qui sont voisins de mon royaume, voyaient que je les laissasse guerroyer les uns les autres, ils pourraient dire que c’est par malice et ingratitude, et conquérir haine contre moi, et venir me courir sus dont je pourrai bien souffrir mal et dommage à mon royaume et encourir l’ire de Dieu qui a dit : « Béni soit celui qui s’efforce à mettre paix et concorde parmi les discordants. » Cette conduite attira à Louis IX l’affection et le respect des Bourguignons et des Lorrains qui lui soumettaient les différends qu’ils avaient les uns envers les autres et venaient à Paris, à Reims, à Melun et ailleurs là où le roi était. »

Henri III, roi d’Angleterre, ayant apaisé la révolte des Gascons, obtint de Louis IX la permission de revenir dans ses états en passant par la France ; son voyage donna lieu à des fêtes brillantes. Il vint à Paris, et fut logé au Temple. Au festin royal, Louis voulut faire asseoir Henri entre lui et le jeune roi de Navarre ; le roi d’Angleterre refusa cette place d’honneur : « Vous êtes mon seigneur, dit-il au roi de France, et le serez toujours. » Ensuite Louis fit venir Henri dans son palais, et l’y retint à coucher : « Il est juste, lui dit-il avec grâce, que je sois le maître chez moi : je veux cette nuit vous avoir en mon pouvoir. »

Henri III d'Angleterre, successeur de Jean sans Terre. Illustration de Henry Tyrrell publiée dans A history of England for the young (1855)
Henri III d’Angleterre, successeur de Jean sans Terre. Illustration de
Henry Tyrrell publiée dans A history of England for the young (1855)

Henri profita de l’extrême bonté et de la conscience scrupuleuse de Louis pour réclamer la Normandie enlevée à Jean sans Terre par feu Philippe-Auguste. Ses raisons frappèrent le roi, et l’auraient peut-être des lors déterminé à lui accorder satisfaction, si les ministres et les barons français n’eussent soutenu que la confiscation faite sur Jean sans Terre, en punition de l’assassinat d’Arthur, était conforme aux lois et aux règles de la plus sévère justice.

Henri partit pour l’Angleterre, sans abandonner l’espérance d’obtenir ce qui venait de lui être refusé. Les négociations continuèrent à ce sujet, et, par le traité de Paris signé le 28 mai 1258 — et ratifié l’année suivante —, Louis rendit à Henri le Limousin, le Périgord, le Quercy et une partie de la Saintonge, en réservant l’hommage qui lui était dû comme seigneur suzerain.

Henri, de son côté, s’engagea par serment à renoncer pour lui et ses successeurs à la Normandie, à l’Anjou, au Maine, à la Touraine et au Poitou. Ce traité, désavantageux pour la France, fit murmurer les seigneurs. « Je sais, leur dit Louis, que le roi d’Angleterre n’a aucun droit sur ces provinces, et que son père les a légitimement perdues : mais nous sommes beaux-frères, nos enfants sont cousins-germains. Je veux établir solidement la paix entre les deux royaumes, et pour cela, il ne faut pas abuser de la victoire. J’aurai d’ailleurs un roi pour vassal. Henri est mon homme, il ne l’était pas auparavant. »

Louis IX. Gravure (colorisée) réalisée d'après une peinture de la Sainte-Chapelle à Paris
Louis IX. Gravure (colorisée) réalisée d’après une peinture de la Sainte-Chapelle à Paris

En effet le roi d’Angleterre revint à Paris, et rendit hommage lige à Louis IX en décembre 1259 pour les terres qu’il possédait en France. Au milieu des fêtes qui accompagnaient cette cérémonie, le jeune Louis, héritier présomptif de la couronne, mourut à l’âge de quinze ans, le 11 janvier 1260 — Louis de France était le premier enfant de Louis IX et de Marguerite de Provence seize ans.

Ce fut une grande douleur pour le roi et pour Marguerite. « Ce fut alors que le saint roi, croyant avoir assuré la tranquillité de son royaume, eut le désir de se consacrer entièrement à Dieu. L’affection particulière qu’il avait pour les Frères Prêcheurs le faisait pencher pour cette règle sévère.

« Avant de se déterminer, il assembla sa famille, et lui communiqua ses desseins. La reine Marguerite fit les plus grands efforts pour le détourner de cette résolution ; elle lui fit observer que ses enfants en bas âge avaient besoin d’être dirigés par lui ; que les troubles de la France se ranimeraient sous un jeune prince inexpérimenté, et qu’enfin la volonté de Dieu l’ayant placé sur le trône, son devoir était d’y rester. Ses instances, celles de ses frères, firent abandonner à Louis ces projets de retraite ; il n’en reprit qu’avec plus d’ardeur ses devoirs de roi.

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